Les Vieilles Charrues : le festival de Carhaix, ses éditions, la billetterie
264 000 personnes ont franchi les grilles du site de Kerampuilh en juillet 2025, sur quatre jours. Les Vieilles Charrues sont devenues, depuis une kermesse à 500 personnes au bord d’un canal en 1992, le plus grand festival de musique de France — devant le Hellfest, qui reste concentré sur le metal.
Le festival se tient chaque année à Carhaix-Plouguer, au cœur du Finistère, loin de toute grande ville. C’est ce qui en fait à la fois la force et la contrainte : une affiche généraliste (pop, rap, rock, chanson, électro) qui attire toutes les générations, sur un terrain qu’il faut prévoir d’atteindre.
Ce qu’est le festival des Vieilles Charrues
Tout part d’une kermesse organisée le 4 juillet 1992 au bord du canal de Nantes à Brest, à Landeleau, par une bande d’amis emmenée par Christian Troadec. Cinq cents personnes, des fanfares, un port reconstitué en carton. Le nom vient d’un clin d’œil aux Vieux Gréements, un rassemblement de bateaux tenu à Brest la même année.
Le festival grossit vite : 5 000 festivaliers en 1994, 40 000 billets vendus en 1997, 100 000 entrées en 1998 — l’année du déménagement sur le site actuel de Kerampuilh et du passage à quatre jours. Il franchit les 200 000 entrées en 2006, atteint un pic à 346 000 festivaliers sur l’édition 2023. En 2025, l’édition réunit 264 000 personnes sur quatre jours, avec trois soirées complètes (vendredi, samedi, dimanche).
L’association qui porte le festival revendique un fonctionnement associatif, sans subvention structurelle, appuyé sur environ 7 000 bénévoles chaque année — plus que d’habitants à Carhaix-Plouguer, qui n’en compte pas 7 000. La programmation mêle pop, rap, rock, chanson française, électro et scène celtique sur cinq scènes, dont les quatre principales portent les noms de Glenmor, Kerouac, Grall et Gwernig.
1992l'année de la première kermesse à Landeleau, fondatrice du festival
264 000festivaliers venus en 2025, sur quatre jours
7 000bénévoles environ chaque année, pour un festival qui se dit sans subvention structurelle
Le lieu, le style, l’ambiance
Kerampuilh n’est pas un site urbain : c’est un ensemble de champs à la sortie de Carhaix, transformé en ville éphémère pour quatre jours. On y vient pour une affiche large plutôt que pour un genre précis — c’est ce qui distingue les Vieilles Charrues de festivals identitaires comme le Hellfest ou de rendez-vous plus urbains comme We Love Green. En 2026, l’affiche annonce Katy Perry, Nick Cave & The Bad Seeds, Aya Nakamura, Orelsan, Vanessa Paradis, Mika, Interpol ou Gims — un éventail volontairement générationnel, pensé pour qu’un père et son enfant y trouvent chacun leur soirée.
L’ambiance tient beaucoup au fait que le festival ne bouge pas : même terrain depuis 1998, même ville, une bonne partie du public revient d’une année sur l’autre par habitude autant que par programmation. Le camping, gratuit et sur place, entretient cet esprit de village temporaire plutôt que de simple parking de tentes.
Ce que le festival ne dit pas lui-même
Le site officiel présente une aventure “100 % associative” et “profondément bretonne”. Ce que sa communication tait davantage, c’est la tension ouverte, depuis 2024, entre l’association organisatrice et la mairie de Carhaix — dont le maire n’est autre que Christian Troadec, cofondateur du festival en 1992. Le conseil d’administration des Vieilles Charrues a réclamé des investissements sur les réseaux du site pour réduire les coûts de montage ; la municipalité a jugé la demande excessive. Des médiations organisées avec la préfecture et les présidents de région et de département ont désamorcé la crise avant l’édition 2025, mais le maire a boudé pour la deuxième année consécutive le traditionnel tirage de charrue qui ouvre le festival. L’enjeu dépasse la brouille personnelle : les retombées économiques du festival pour le Centre-Bretagne étaient estimées à 18,5 millions d’euros en 2019.
Le festival a par ailleurs connu un déficit d’environ un million d’euros après l’édition 2024, avant de retrouver l’équilibre en 2025. Le modèle associatif, souvent mis en avant, reste donc financièrement plus fragile qu’un festival adossé à un groupe comme Live Nation.
Comment on s’organise pour y aller
- La billetterie ouvre plusieurs mois avant le festival, uniquement sur le site officiel des Vieilles Charrues et son partenaire de billetterie. Les tarifs Presto, moins chers, partent en premier et en quantité limitée ; une fois épuisés, seul le tarif Regular reste disponible.
- Le choix du billet se fait entre un billet à la journée (autour de 52 € le vendredi, samedi ou dimanche, un peu plus cher le jeudi) et un pass plusieurs jours — 3 jours ou 4 jours, ce dernier autour de 196 €. Les pass 3 et 4 jours partent en général en premier et se retrouvent complets plusieurs mois avant le festival.
- La revente officielle passe par la bourse aux billets du site, pensée pour éviter les arnaques des annonces entre particuliers — un point sur lequel les plateformes de billetterie sont régulièrement mises en cause ailleurs.
- La réservation du camping, gratuit, devient obligatoire à partir de juin de l’année du festival : sans elle, pas de place garantie, même avec un billet valide. L’accès y est réservé aux tentes — vans, camping-cars et fourgons aménagés n’y sont pas admis.
- Sur place, le camping ouvre du jeudi au dimanche avec accueil 24h/24, douches et toilettes sèches, un point restauration de midi à 21 h, et des petits-déjeuners servis du vendredi au dimanche.
Un billet jour ne permet pas de sortir puis rentrer sur le site : une fois dedans, on y reste. Ceux qui comptent aller dormir ailleurs qu'au camping du festival doivent en tenir compte avant d'acheter.
Édition 2026
Les Vieilles Charrues 2026 se tiennent du jeudi 16 au dimanche 19 juillet, pour une 34ᵉ édition. La tête d’affiche la plus commentée est Katy Perry, entourée de Nick Cave & The Bad Seeds, Aya Nakamura, Orelsan, Vanessa Paradis, Mika, Interpol, Gims, Vald, Disiz ou Jean-Louis Aubert. Les pass 3 et 4 jours affichaient complet dès l’automne 2025 ; il restait, en 2026, essentiellement des billets à la journée selon les dates et les quotas encore ouverts.
Édition 2025
Le festival s’est tenu du 17 au 20 juillet 2025 pour sa 33ᵉ édition, avec 264 000 festivaliers et 85 concerts sur cinq scènes. Alanis Morissette, Julien Doré, Damso, Tiakola, Hamza, Zaho de Sagazan, Ben Mazué, Macklemore, Damiano David ou les Sex Pistols figuraient à l’affiche. Trois soirées ont affiché complet — vendredi, samedi et dimanche. L’édition a aussi marqué les esprits en dehors de la musique : elle a failli être compromise par le conflit avec la mairie, réglé de justesse par médiation préfectorale quelques semaines avant l’ouverture.
À quoi le comparer
Les Vieilles Charrues se comparent surtout au Hellfest, l’autre très grand festival français, mais les deux ne visent pas le même public.
| Vieilles Charrues | Hellfest | |
|---|---|---|
| Lieu | Carhaix-Plouguer (Finistère) | Clisson (Loire-Atlantique) |
| Fréquentation 2025 | 264 000 sur 4 jours | environ 240 000 sur 4 jours |
| Style | pop, rap, rock, chanson, électro, généraliste | metal et sous-genres associés |
| Camping | gratuit, réservation obligatoire, tentes uniquement | payant à part, sur plusieurs terrains |
| Modèle | associatif, sans subvention structurelle revendiquée | société privée |
Le premier vise une affiche large et familiale sur quatre soirs très différents les uns des autres ; le second construit sa fidélité sur un genre musical précis et un public qui revient d’année en année pour la même identité. La fiche du Hellfest détaille son fonctionnement propre.
Ce qu’il faut prévoir avant de partir
Carhaix n’a pas de gare TGV : la plupart des festivaliers arrivent en voiture ou par navette depuis Guingamp ou Rennes, ce qui allonge le trajet par rapport à un festival proche d’une grande ville. Pour dormir, le camping du festival reste l’option la plus simple, à condition d’avoir un matelas gonflable ou un tapis de sol correct : les nuits bretonnes de juillet tombent facilement sous les 12 degrés, même en plein été.