2 Seconds ou Air Seconds : la tente Decathlon qui voyage sans voiture
« Je pars au Hellfest en train et en covoiturage jusqu’au camping, laquelle je prends ? » Cette question revient à chaque printemps, et elle a une bonne réponse : ça dépend de si quelqu’un du groupe a une voiture sur place, pas du budget ni du nombre de places.
La 2 Seconds se monte en un geste et se porte sur le dos. L’Air Seconds tient mieux le mauvais temps et le monde, mais il faut la gonfler, et il faut l’avoir amenée jusque-là.
| 2 Seconds (Quechua) | Air Seconds (Quechua) | |
|---|---|---|
| Montage | Un geste en huit, tendue en une poignée de secondes | Une pompe, 3 à 5 minutes par tube, arceaux gonflables |
| Poids du sac | Autour de 3 kg en 2 places, sac rond compact | Le double au moins en 4 places, avec la pompe en plus si elle n’est pas déjà dans le sac |
| Transport à pied ou en train | Se porte en bandoulière comme un frisbee géant | Difficile sans coffre de voiture pour la pompe et le tube |
| Colonne d’eau | Autour de 2000 mm sur le double toit, plus sur le tapis de sol | Sensiblement la même chose, la différence ne se joue pas là |
| Tenue au vent | Correcte, les arceaux souples plient rarement | Réputée meilleure : le tube gonflé absorbe la rafale au lieu de la transmettre à une jonction |
| Prix indicatif | Sous la centaine d’euros en 2 places, plus avec Fresh & Black | Plusieurs centaines d’euros en 4 places, pompe en plus si besoin |
| Repliage le dimanche matin | Rapide, même fatigué | Plus long, il faut dégonfler avant de plier |
Le montage : un geste contre une pompe qu’il faut avoir pensé à charger
La 2 Seconds tient sa réputation de sa fermeture rapide, pas de son ouverture : c’est le repliage en huit qui est technique, pas le montage. À l’arrivée, tu la sors du sac, tu la déplies, elle se tend d’elle-même, tu plantes quatre sardines. Ça marche à 2 h du matin, dans le noir, après six heures de route ou un concert qui a fini tard.
L’Air Seconds demande une pompe, manuelle ou électrique sur allume-cigare, et elle n’est pas toujours vendue avec la tente. Sans elle sur place, la tente reste dans son sac. Le gonflage prend de trois à cinq minutes par tube selon le modèle et le nombre de chambres, ce qui reste rapide comparé à une tente à arceaux classiques, mais ça suppose d’avoir prévu la pompe et d’avoir de quoi l’alimenter.
Le vent et la pluie, deux histoires différentes
Sur l’imperméabilité pure, les deux gammes se tiennent : leur double toit affiche une colonne d’eau autour de 2000 mm, et le tapis de sol grimpe un peu plus haut. Ce chiffre suffit pour une pluie de festival, y compris une averse soutenue une nuit entière, à condition que les coutures soient bien thermosoudées et que personne ne touche la toile intérieure pendant l’averse : au contact d’un doigt, l’eau traverse par capillarité, colonne d’eau ou pas.
Là où les deux tentes se séparent, c’est le vent. Les arceaux souples de la 2 Seconds plient bien, mais une bourrasque en pleine nuit sur un camping bondé les fait parfois se rabattre s’ils sont mal fichés. Le tube gonflé de l’Air Seconds absorbe la rafale en se déformant, sans point de rupture net comme une jonction d’arceau : c’est l’argument que Decathlon avance depuis le lancement de la gamme, et les retours de camping confirment surtout qu’une tente gonflable mal montée ou sous-gonflée perd cet avantage. Un camping exposé et venteux, du genre de celui des Vieilles Charrues où les rafales atlantiques ne préviennent pas, pèse dans la balance en faveur du modèle gonflable, si quelqu’un peut l’y amener.
40 secondesle temps de montage annoncé pour une 2 Seconds, sardines comprises
3 à 5 minle gonflage d'un tube d'Air Seconds, par chambre
2000 mmla colonne d'eau du double toit, sur les deux gammes
Ce que ça change de ne pas avoir de voiture
C’est le point que la plupart des comparatifs sautent, alors qu’il tranche pour une bonne partie des festivaliers : beaucoup arrivent en train, en car affrété, en covoiturage sans être celui qui conduit, ou en navette depuis la gare. Une fois sur le camping, il faut encore marcher jusqu’à l’emplacement, parfois loin du parking, parfois très loin sur un site comme Tomorrowland où le camping s’étend sur plusieurs kilomètres carrés.
La 2 Seconds se porte en bandoulière, aussi légère qu’un sac de couchage. L’Air Seconds, sac plus lourd, tube et pompe compris, se porte mal sur une longue marche, et elle devient un vrai poids si personne du groupe n’a de coffre pour la déposer à quelques mètres de la tente. Le choix se décide donc avant de regarder les fiches techniques : qui du groupe a une voiture, et jusqu’où elle roule.
La tente MT900, qui revient souvent dans les recherches à côté des Quechua, n'appartient pas à cette famille. C'est un modèle Forclaz, la marque trekking de Decathlon, pensé pour un randonneur seul ou à deux qui porte tout sur son dos pendant plusieurs jours. Elle pèse environ 2 kg en version 2 places, coûte plus cher au mètre carré qu'une 2 Seconds, et n'a ni vestibule pour stocker les sacs d'un week-end ni la robustesse voulue pour un champ tassé par des milliers de tentes voisines. Une bonne tente de bivouac, pas une tente de camping de festival.
2, 3 ou 4 places : ce qui compte, c’est ce qu’il faut ranger
Les deux gammes se déclinent en plusieurs tailles, et la question revient à chaque achat : prendre large ou juste assez. Une 2 places suffit pour dormir à deux, mais laisse peu de place pour un sac de rando, des bottes trempées et un sac de couchage qui traîne. Une 3 ou 4 places donne un vestibule où tout ça reste au sec sans envahir l’espace de sommeil, pour un poids et un encombrement qui grimpent en proportion. Pour un duo qui vient léger et compte dormir dehors dès qu’il fait beau, la 2 places de la 2 Seconds suffit. Pour un groupe qui reste posé plusieurs jours sur le même emplacement, comme au camping des grands festivals de plusieurs journées, la place supplémentaire d’une 4 places se sent dès la deuxième nuit.
Qui prend quoi
Le duo léger, sans voiture, qui vient en train ou en covoiturage passager prend la 2 Seconds. Elle tient dans un sac à dos, se monte fatigué, et son poids ne pèse jamais sur un trajet à pied entre le parking navette et l’emplacement.
Le groupe qui vient en voiture et reste plusieurs nuits sur un camping venteux prend l’Air Seconds. Le vestibule accueille les sacs et les chaises, les tubes tiennent mieux les grosses rafales, et personne n’a à porter le sac sur une longue marche puisque la voiture s’arrête près de l’emplacement.
Celui qui pensait prendre la MT900 parce que le nom revenait dans ses recherches ferait mieux de regarder la 2 Seconds : moins chère, plus large, pensée pour un champ de festival plutôt que pour un sentier de montagne.
Avant de choisir la tente, il reste souvent une étape plus urgente : sécuriser sa place. Sur les grosses dates, la billetterie se joue en file d’attente et se sature en quelques minutes, et ça vaut la peine de savoir comment fonctionne la mise en vente sur Ticketmaster avant d’y passer un dimanche soir.